Malick Sidibé et Baudouin Mouanda

A travers leurs œuvres respectives, deux figures majeures de la photographie africaine se font face et se jaugent dans un dialogue des générations : Malick Sidibé et Baudouin Mouanda.
Malick Sidibé, prix de la photographie Hasselblad 2003, Lion d’or de la biennale de Venise en 2007 pour l’ensemble de sa carrière, prix PhotoEspaña Baume & Mercier en 2009, nous vient du Mali en Afrique de l’Ouest où il est né en 1935, avec de magnifiques clichés en noir et blanc pris dans les années 60 à une époque, celle des indépendances, où il photographie la jeunesse « yéyé » qui exhibe ses beaux vêtements en studio et s’amuse dans des surprises parties.
Baudouin Mouanda, primé meilleur photographe édition 2003 de l’Ecole Académique des Beaux Arts et du concours de photographie de deux rives, est né au Congo-Brazzaville en 1981 et a déjà exposé ses travaux lors de la biennale de Dak’art, au Musée du quai Branly (France),
Malick SIDIBÉ, Un yéyé en position, 1963 © Malick Sidibé
lors de la 8ème édition des Rencontres de Bamako en 2009, et tout récemment au Musée Dapper à Paris. Ses travaux sur la « Société des Ambianceurs et Personnes Elégantes (SAPE) », mouvement particulier du dandysme africain qui incarne une mode maniérée poussée à son paroxysme, ont fait merveille.

Si, les origines, Mali/Congo, âges,74/29 ans, techniques Argentique/Numérique, époques, 1960/2010, semblent séparer ces deux grandes figurent de la photographie africaine, leurs travaux donnés ensemble à voir au public, les uns à côté des autres, révèlent de remarquables similitudes que la Fondation Zinsou souhaite mettre en lumière au travers de l’exposition 1960/2010 - Malick Sidibé/Baudouin Mouanda.
L’un et l’autre mettent en évidence, chacun à sa façon, et chacun pour l’époque dont il témoigne, l’irrépressible besoin de différentiation d’une jeunesse africaine qui, à la recherche de sa place dans un monde étroit, exprime ses idées et sentiments à travers des choix vestimentaires osés.
Baudouin MOUANDA, Série : SAPE, Congo Brazzaville, 2008
© Baudouin Mouanda Avec la collaboration de Afrique in visu
L’un et l’autre y parviennent magnifiquement en s’érigeant méthodiquement, au travers du reportage de proximité, en témoins des gestes, des mouvements et des personnages capturés dans leurs objectifs. Ils offrent des images simples et pleines de vérité d’une jeunesse africaine spontanée, joyeuse, insouciante et optimiste.
L’exposition, qui ouvre ses portes le 6 juin 2010, se tient à Cotonou, tous les jours, de 10 à 19 heures, sur l’esplanade du Stade de l’Amitié. Entrées libres et gratuites. Visites guidées.