Humeur d'artiste : Gérard Quenum

Gérard QUÉNUM, Les spectateurs, Détail, © Gérard Quénum
Un bon nombre d’artistes contemporains béninois puisent leur inspiration dans le vodun, religion traditionnelle de la partie méridionale du bénin.
Gérard Quenum a choisi de tourner son regard ailleurs. Ses créations n’ont presque aucun rapport avec cette tradition si on omet le fait qu’il crée à partir d’objets de récupération et son oeuvre est faite essentiellement de sculptures, d’images contemporaines et n’intègre que les poupées de l’industrie occidentale. Les poupées qui attirent Gérard Quenum sont faites en principe pour donner la joie, amuser et consoler. S’il est permis de croire les thérapeutes et les éducateurs, elles sont utiles pour éduquer l’enfant dans le contexte européen ou l’on n’a pas toujours un parent avec qui jouer. Il les regarde comme des figures susceptibles de traduire la souffrance autant présente que la joie dans la vie. Paradoxe du regard d’un artiste… l’enfant en jouant avec une poupée la fait-elle souffrir ? Peut être bien peu d’humains, conscients de la façon dont elles sont traitées, accepteraient de jouer le rôle qu’ils leur assignent. Gérard Quenum a choisi de nous conduire à la réflexion à partir de ces objets d’affection transformés en support de douleur. Pour Gérard Quenum, l’évocation de la souffrance n’a rien de triste, il s’agit bien d’une des facettes de la vie qui est somme toute un mystère que personne n’a jamais réussi à élucider. Presque rien n’échappe au regard de l’artiste dont les thèmes sont bien ceux de la vie sous tous les cieux.
Cf. extrait J. Adande